Condamnés à perpétuité pour avoir été à contre-courant de la dictature burundaise, douze défenseurs de droits humains se sont vus aussi obligés à demeurer en exil. Petite histoire d’une crise qui s’étire dans le temps et n’a de cesse de réprimer la liberté d’expression.


Vous pouvez agir

Signez la pétition en ligne : chng.it/qm8cdtvcrX

Lettre d’action :


Déjà 15 ans de crise politique au Burundi et les méthodes de contrôle social incluent la radiation d’organismes de la société civile visant la protection des droits humains. Cela sans parler de la menace constante qui plane sur tous les citoyens, quand on assiste à un nombre effroyable de disparitions forcées, d’exécutions sommaires, de viols ou autres violences de la part des « Imbonerakure », une milice affiliée au parti au pouvoir depuis trop longtemps. Il faut se taire pour se protéger. « La répression des opposants politiques supposés et des défenseurs des droits humains se poursuit de façon implacable, galvanisée par des discours de haine et d’incitation à la haine interethnique qui contribuent à entretenir un climat de peur » [1] indique Maître Armel Niyongere, président de l’ACAT Burundi. Cette répression a provoqué l’exil des activistes pour les droits humains. Ceux qui restent subissent les affres de ce système, comme Germain Rukuki condamné à 32 ans de prison sans raison valable et pour qui l’ACAT plaide libération depuis son arrestation en 2016.

Puis, le « 2 février 2021, la Cour suprême du Burundi a rendu public un arrêt qui aurait été prononcé le 23 juin 2020 condamnant douze défenseurs des droits humains et journalistes burundais en exil — dont le président de l’ACAT Burundi — à des peines de prison à perpétuité pour “insurrection” et “organisation d’un coup d’État”. » [2]

La liste des soi-disant coupables : « Maître Armel Niyongere, président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT Burundi) et secrétaire général de l’organisation SOS-Torture, Maître Vital Nshimirimana, délégué général du Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC), Pacifique Nininahazwe, président du Forum pour la conscience et le développement (FOCODE), Marguerite Barankitse, présidente et fondatrice de la Maison Shalom, Innocent Muhozi, président de l’Observatoire de la presse au Burundi (OPB) et directeur de la Radio-Télévision Renaissance, Dieudonné Bashirahishize, président du Collectif des avocats pour la défense des victimes des crimes de droit international commis au Burundi (CAVIB), Patrick Nduwimana, journaliste à la Radio Voix d’Amérique (VOA), Bob Rugurika, directeur de la Radio publique africaine (RPA), Patrick Mitabaro, journaliste à la Radio Inzamba, Anne Niyuhire, journaliste à la Radio Inzamba, Arcade Havyarimana, journaliste à la Radio Umurisho et Gilbert Niyonkuru, ancien journaliste à la RPA. » [3]

« En raison de leur exil, les douze accusés n’ont pas été auditionnés par le procureur, et n’ont pas pu comparaître physiquement devant la Cour suprême burundaise. Par ailleurs, alors qu’aucun avocat au Burundi n’a accepté d’assurer leur défense par peur de représailles, la Cour suprême a refusé de reconnaître l’avocat congolais qui avait été désigné par la défense pour plaider le dossier. » [4] Leur droit à un procès équitable n’a pas été respecté et ces accusations relèvent d’un harcèlement judiciaire.

Nous vous proposons d’interpeller l’ambassadeur burundais à l’ONU, monsieur Rénovat Tabu, afin de lui communiquer l’inquiétude que le Burundi suscite dans la communauté internationale.

Sources

ACAT France. 2021-03-10. Halte à la répression des défenseurs des droits humains et des journalistes ! https://acatfrance.fr/appel-urgent/halte-a-la-repression-des-defenseurs-des-droits-humains-et-des-journalistes- [2] [3]

OMCT. 2021-02-18. Burundi : Condamnation in absentia à une peine de prison à perpétuité de douze défenseurs des droits humains en exil. https://www.omct.org/fr/ressources/appels-urgents/burundi-condamnation-in-absentia-%C3%A0-une-peine-de-prison-%C3%A0-perp%C3%A9tuit%C3%A9-de-douze-d%C3%A9fenseurs-des-droits-humains-en-exil [4]

The International Service for Human Rights. 2021-03-09. Burundi. La mobilisation internationale doit s’intensifier face à la persécution des défenseur.es des droits humains. https://www.ishr.ch/news/burundi-la-mobilisation-internationale-doit-sintensifier-face-la-persecution-des-defenseures [1]